Le blackout énergétique, c'est quoi ? Decryptage

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  • PFO2
Il y a 3 années
Le spectre du « blackout » électrique en France cette semaine suite à la forte chute des températures semble s'éloigner, même si l'hiver sera encore long. Mais de quoi parle t-on vraiment ? Pourquoi une telle situation sur le territoire ? Comment faisons-nous face à cette situation ?

Le « blackout » est le terme anglo-saxon désignant une coupure généralisée de l’approvisionnement en électricité sur toute ou partie d’un territoire. Cette coupure est due à un déséquilibre sur le réseau où la demande est fortement supérieure à la capacité de production. Cet événement ne s’est encore jamais produit en France. On se souvient cependant de coupures nationales dûes à des phénomènes météorologiques comme l’hiver 1999 ou 3,6 millions de personnes ont été privées de courant lors du passage de deux tempêtes exceptionnelles. Les chutes de lignes à haute tension ou l’arrêt de certaines centrales ont toujours été à la base de ces coupures, mais jamais une trop forte demande par rapport à notre capacité de production... Les températures sont exceptionnellement basses pour la saison, il faut remonter à l’hiver 1956 pour retrouver des écarts aussi importants. Le gestionnaire de Réseau et de transport de l’Electricité (RTE) peut garantir un « approvisionnement maitrisé » lorsque les températures sont au maximum 3°C en dessous des normales de saison. Le recours massif en France au chauffage électrique lors de pics de froid comme celui que traverse la France cette semaine provoque une demande rapide en énergie, notamment lors du pic de 19h. RTE indique que « pour chaque degré de température en moins au niveau national, la consommation augmente jusqu'à 2.400 MW (2,4 GW), soit l'équivalent de la consommation de Paris intra-muros ».

La capacité de production maximale d’électricité en France s’établit à près de 130 000 MW (130 GW). Mais ces moyens de production ne sont jamais tous disponible en même temps. Par ailleurs, cette année, le niveau d’eau des barrages est au plus bas depuis dix ans et limitera donc la production d’électricité. En plus du manque d’eau, nous subissons la fermeture de 7 des 58 réacteurs nucléaires français. Ils ont été mis à l’arrêt dans le cadre d’une inspection menée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Celle-ci souhaite mener des tests sur les générateurs de vapeurs. Par rapport à l’an dernier, la capacité de production du pays sera de fait en moyenne inférieure de 11 300 MW (11,3GW). Les capacités de production lors du pic de la pointe de 19h s’établiront ainsi à environ 85 000 MW (85GW). Cependant, d’après les prévisions de Météo France et RTE, la consommation à l’heure de pointe pourrait atteindre les 101 600 MW (101,6 GW) cette semaine. Vous l’aurez compris, c’est ici que réside le problème, nous subissont un déficit de production important pouvant aller jusqu’à 16 000 MW (16 GW).

Bonne gestion des énergies

Des mesures existent en France pour compenser ce manque. Tout d’abord, la plus connue, est l’importation d’électricité auprès des pays frontaliers dont l’Allemagne et l’Espagne (entre 5 et 7 GW sur les 12GW théoriques, soit l’équivalent des réacteurs nucléaires à l’arrêt). La situation risque d’être tendue, car l’Allemagne est elle aussi concernée par cette vague de froid et sera également soumise à une forte demande sur son réseau intérieur. Ensuite, 21 grands sites industriels fortement consommateurs pourront être sollicités grâce au mécanisme d’« interruptibilité ». Ils devront alors stopper leur demande sur le réseau entre 5 et 30 secondes après que RTE en ait fait la demande (soit une économie d’environ 1,6 GW). Ce mécanisme n’est évidemment pas gratuit et rapportera en compensation à ces sites entre 30 000€ et 90 000€ par an par mégawat « interruptible ». La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) estime que cette année ce mécanisme coutera 108 millions d'euros qui seront financés par la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE) prélevé directement sur la facture du consommateur final.

De plus, RTE peut réduire de 5% la tension fournie sur le réseau. Cette action quasiment imperceptible et sans réel danger pour nos équipements domestiques permettra une réduction d’environ 4 000 MW (4 GW) soit la consommation de Paris intra-muros et de Marseille.

Enfin, en cas de dernier recours, RTE peut demander aux différents gestionnaires du réseau de distribution de réaliser des coupures localisées tournantes de maximum 2h. La Bretagne et le Sud Est de la France seraient particulièrement touchés par le délestage du fait d’un faible niveau de production d’électricité dans ces zones.

Les autorités françaises et les fournisseurs d’électricité ont lancé cette semaine de nombreuses campagnes de sensibilisations auprès du grand public. 

 

Au final, lors d’épisodes de froid exceptionnel, nous pouvons par des gestes simples éviter le « blackout ». Au total, « si la mobilisation est réussie, on pourrait avoir au minimum 2 à 3.000 MW (2 à 3GW) de consommation d'électricité réduite » estime la RTE.

« La meilleure énergie est celle que nous ne consommons pas » : les gestes que nous devrons appliquer particulièrement cet hiver restent valables toute l’année. Chez PERIAL, c'est un engagement que nous ne prenons pas à la légère.

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